Le premier lacher c’est un vol dont on se souvient toute sa vie. Il a d’abord fallu concrétiser le rêve de voler en s’inscrivant dans un club, voire deux, puis prendre des cours, et travailler. Le vol est un loisir qui nécessite un comportement rigoureux pendant quelques dizaines d’heures de vol, passées à piloter avec des instructeurs souvent compréhensifs mais heureusement exigeants et précis. Pour ma part ce n’est que 2 ans après avoir pris des cours à Saint-Cyr-l’Ecole que j’ai enfin pu effectuer mon premier tour de piste du Havre.

La délicate attention de mon instructeur alors qu’il me laissait seul dans l’avion moteur tournant a été de laisser l’intercom afin que je puisse me parler à moi-même. Je ne m’en suis pas réjouis tout de suite. La verrière refermée je m’annonce au contrôle. J’ai de la chance ce jour là, c’est une contrôleuse à la voix sympathique qui m’autorise au roulage point B. Je suis encore impressionné par la radio, alors la voix sympa, ça aide. Au point d’arrêt j’ai pu m’entendre égrainer les items de la check avant décollage : pompe électrique on, trim vérifiés, un cran de volets… Autorisé décollage piste 23 je m’élance comme d’hab après un ultime recalage du QFU, puissance disponible, badin, rotation. Le X-Ray Sierra monte assez vite à 1300 pieds, et je lui fait faire son tour de piste règlementaire sans encombre particulière. En vent arrière le contrôle me signale un hélico en finale que je repère, ce qui me place numéro 2 derrière lui, mais j’ai le temps de prendre mes repères : la mare aux canards, le clocher d’octeville à 800 pieds, le plan de descente et son PAPI, une petite turbulence en courte finale et hop, il est déjà temps de décraber, soigner l’arrondi et recoller les 3 roulettes au sol pour un roulage au parking club. A l’arrivée ça fait plaisir de voir les copains qui ont la mine autant réjouie que moi. Le plaisir se partage sur le tarmac autour de l’avion, au pied de la tour, c’est jour de fête !